Il y a 19 ans, le 23 juillet 1999 le tyran du maroc Hassan II décédait. Il fut pendant tout son règne un dictateur sanguinaire et commis de nombreux meurtres d’opposants politiques.

Accédant au pouvoir en 1961, il installe en décembre 1962 une constitution qui marginalise les partis politiques et lui laisse les pleins pouvoirs. Devants les protestations des organisations politiques de gauche et des syndicats, il fait arrêter et torturer des dizaines de militants.

Le 23 mars 1965 les étudiants manifestent et sont sauvagement réprimés. La répression est particulièrement brutale et fait près de 1000 victimes. En 1981, toujours à Casablanca c’est l’augmentation des prix de premières nécessités (le lait, le sucre, l’huile, le beurre et la farine,) de 35 à 74 % qui provoquent de nouvelles manifestations appelées par les syndicats. Celles-ci se transforment rapidement en émeutes avec la même réponse sanglante du souverain : plus de 600 morts et 5000 arrestations. En janvier 1984 c’est au tour du Rif de se soulever contre la vie chère avec encore une fois de nombreuses victimes.

Le règne d’Hassan II est aussi celui de la torture généralisée. Plusieurs dizaines de milliers de militants ont ainsi été atrocement torturés dans des bagnes comme ceux de Tazmamart, d'Agdz ou de Kalaât M'Gouna. Ces crimes sont passés sous silence par toutes les puissances occidentales car Hassan II est un des piliers dans leur offensive contre les luttes de libération nationale en Afrique.

Le livre de Gilles Perrault « Notre ami le roi » décrit tous les rouages de cette complicité. En quatrième de couverture on peut lire :

"Son règne est bientôt trentenaire et il est l'ami de la France, de ses dirigeants, de ses industriels, de ses élites de droite et de gauche. Roi du Maroc, Hassan II symbolise pour nombre d'Occidentaux le modernisme et le dialogue en terre d'Islam. Mais ces apparences avenantes dissimulent le jardin secret du monarque, l'ombre des complots et des prisonniers, des tortures et des disparus, de la misère. Il règne, maître de tous et de chacun, brisant par la répression, pourrissant par la corruption, truquant par la fraude, courbant par la peur. S'il n'a pas inventé le pouvoir absolu, son génie aura été de l'habiller des oripeaux propres à tromper ceux des étrangers qui ne demandent qu'à l'être. Sa «démocratie» connaît une moyenne de quatre procès politiques par an, plus de cent depuis l'indépendance, avec, chaque fois, une fournée de militants condamnés à mort ou à des siècles de prison. Tortures du derb Moulay Cherif, morts-vivants de Tazmamart, calvaire des enfants Oufkir,…"

Nous ne le regrettons pas.

Nos pensées vont à tous les combattants de la liberté marocains qui ont payés de leur vie leur lutte pour la liberté.