Israël n’est pas parvenu à interdire l’entrée du pays au maire de Dublin

Alain Sorel

Mardi [10 avril 2018], Israël a tenté d’interdire l’entrée sur son territoire au maire de Dublin après que le conseil municipal a passé deux résolutions anti-Israël. Apparemment cette tentative n’a pas fonctionné à la suite d’une erreur dans l’orthographe de son nom.

 

Le conseil municipal de Dublin a voté cette semaine deux résolutions soutenant le mouvement du boycott anti-Israël et appelant le gouvernement national à expulser l’ambassadeur israélien d’Irlande.

En conséquence de ces votes, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a déclaré mardi qu’il interdirait l’entrée sur le territoire israélien au premier maire Lord de la ville, Mícheál Mac Donncha. Mac Donncha, un membre du parti de gauche Sinn Fein, prévoyait de participer à une conférence sur le statut de Jérusalem à Ramallah, à l’invitation de l’Autorité palestinienne (AP).

Mais seulement quelques minutes après la menace de Deri, Donncha a tweeté qu’il était déjà à Ramallah, déclarant au quotidient Haaretz qu’il était venu par l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv.

 

 

Haaretz a cité un porte-parole du ministère de l’Intérieur ayant déclaré que des officiels de la police aux frontières n’avaient pas réussi à l’arrêter, parce que l’ordre contenait apparemment une erreur d’orthographe.

Israël était en colère au sujet de deux résolutions.

Dans l’une des deux résolutions votées par les Conseillers municipaux de Dublin, on pouvait lire :

« Depuis son établissement violent en 1948 au moyen d’un nettoyage ethnique de plus de la moitié de la population indigène de Palestine, l’État d’Israël a nié aux Palestiniens leurs droits fondamentaux et a refusé de respecter le droit international ».

La résolution, proposée par le Conseiller de gauche John Lyons, se poursuit sur plusieurs niveaux d’accusations contre Israël avant de déclarer que « ce Conseil municipal soutient totalement le mouvement de Boycott, de Cession et de Sanctions pour la liberté, l’égalité et la justice ».

Le texte mentionne plus loin que Dublin coupera tous les liens d’affaire avec Hewlett Packard, en avançant l’argument que le géant de la technologie « fournit et gère une bonne partie de la structure technologique qu’Israël utilise pour maintenir son système d’apartheid et le colonialisme d’implantation sur le peuple palestinien ».

Une autre résolution, proposée par Mac Donncha, appelle le gouvernement national à expulser l’ambassadeur d’Israël, Zeev Boker.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur d’Israël, Emmanuel Nahshon, a dénoncé la résolution comme étant « de la pure absurdité » qui est du « niveau d’obscures dictatures ».

« Il y a un relent d’antisémitisme, ce n’est pas ce que vous attendriez de la capitale d’un État membre de l’UE », a-t-il écrit sur Twitter.

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Mac Donncha devait arriver à Ramallah cette semaine, où il a dit vouloir « reconnaître que Jérusalem Est est la capitale désignée de la Palestine dans le cadre d’une solution à deux États, reconnue par la communauté internationale, mais que les gouvernements israéliens successifs ont empêché de mettre en place ».

Il a également voyagé dans la région pour « exprimer sa solidarité avec le peuple de Palestine qui souffre de la violence des forces israéliennes, comme on a pu en témoigner très récemment à Gaza avec la mort de manifestants », a-t-il dit à des journalistes.

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À la fin janvier, le sénat irlandais a débattu mais finalement reporté le vote sur un projet de loi qui aurait criminalisé l’importation et la vente de produits des implantations.