Le rôle joué par Boussouf pour déjouer le blocage des armes turques envoyées par la Turquie pendant la Révolution algérienne: La libye avait mist à la disposition de l’ALN des bases logistiques pour le transport et le dépôt des armes. C’est d’ailleurs en Libye que se situe la base arrière du Service de Transmission et d’Ecoute du FLN, embryon de la fameuse Sécurité Militaire, future colonne vertébrale du régime algérien. Son fondateur Abdelhafid Boussouf est le principal interlocuteur de la mission turque . Mais très rapidement, l’armée française capture des pièces d’équipement dont les numéros de série imparfaitement effacés permettent de remonter jusqu’à Ankara. Secrètement, le Quai d’Orsay proteste très vivement auprès des autorités turques. Celles-ci répondent que les armes étaient destinées à la Libye. Paris n’est pas dupe de l’argutie. Deux ans plus tard en novembre 1959, la Turquie récidive et envoie toujours maquillé sous le couvert d’une assistance militaire, un cargo rempli d’armes à Tunis. Prévenues à temps, les autorités françaises tentent d’entraver la livraison . Malgré cinq démarches successives de l’ambassade de France, Ankara s’engage uniquement sur deux points : la non-cession à des tiers et la communication des numéros de matricules . On dénombre parmi ces armes 4 000 fusils de 7,6 modèles 88, 400 mitrailleuses Hotchkiss et 80 mortiers de 81mm
Ecoeuré de cette duplicité, l’attaché militaire, le colonel Therenty, s’emporte : « La Turquie, que nous affirmons être nôtre allié et qui se proclame telle, peut à tout moment et sous les formes les plus inattendues, nous frapper dans le dos du coup de poignard que le disciple de Mahomet réserve à l’infidèle, même s’il est son bienfaiteur ; certaines de ces formes pourraient être plus dangereuses qu’un simple bulletin de vote>>.