les révélations d'un ex-cadre du RCD sur Sadi

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Saïd Sadi est «rompu à l’art de la calomnie», accuse Rabah Boucetta. Il a fait de tamazight son cheval de bataille, sans jamais y avoir cru, en dehors d’un étrange slogan : “Fell-as tudert fell-as lmut”, qui n’est que la traduction littérale de la sinistre devise : “ɛalayha nahya wa ɛalayha namout” !» c'est là toute l'image d'un extrêmiste sans scrupule.

La lettre ouverte   de Rabah Boucetta, ancien cadre dirigeant du RCD et proche collaborateur de Saïd Sadi, avant d’en démissionner pour les raisons qu’il évoque dans cette mise au point contenant des révélations fracassantes sur celui qui, dans l'ombre, continue de diriger ce parti.

«Afin d’épargner à cette génération une autre trahison, le devoir de mémoire s’impose. Il s’agit d’une exigence historique d’alerter l’opinion sur les agissements malsains et les procédés malhonnêtes de celui qui a fait subir à l’Algérie un autre “fleuve détourné”.

Sans haine ni passion mais, surtout, sans compromis, les alertes doivent être en mesure de faire barrage aux tentations récidivistes de celui qui endosse la responsabilité de l’échec de la mouvance démocratique. Notre responsabilité vis-à-vis de l’histoire est entière. Nous nous devons, donc, d’éclairer l’opinion sur les tenants et les aboutissants des évènements majeurs ayant marqué ces vingt-cinq ans de lutte : du boycott scolaire aux printemps noir, sans omettre la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès, qui n'est enfait qu'une manipulation locale pour la discorde nationale.

Pour avoir été, à un certain moment, un proche collaborateur de Saïd Sadi, j’étais témoin et complice des mises au point qu’il faisait signer par les cadres du parti, lesquels cadres se distinguaient par une intégrité et probité irréprochables, dans le dessein de crédibiliser les réponses qu’il adressait à ses détracteurs qui avaient pour noms : Hocine Aït Ahmed, Louisa Hanoune, Ali Cherif Daroua, Mourad Benachenhou… Mais cette fois-ci, le choix du prête-nom est raté (…).

Mis à part ce fait inédit lié au mauvais choix du mercenaire, cette manière de faire n’est pas nouvelle pour moi. C’est pour cette raison que je vais réserver ma réponse à qui de droit.

Il est vrai que ce politicard , scénariste des évènements d’octobre 1988 jusqu’à 2001, faisait la pluie et le beau temps en Kabylie. Mais, rompu à l’art de la trahison et de la calomnie, il a fini par être abandonné par tous les acteurs d’avril 1980, toutes les militantes féministes, les industriels, les syndicalistes… Ces départs n’ont eu aucun effet sur lui mais la chute fut fatale en 2001 lorsqu’il avait été lâché par ses mentors politiques. Aujourd’hui, soit ils ne sont plus de ce monde, soit ils sont mis à la retraite.

A moins que la lucidité ne lui fasse défaut, je suis persuadé qu’au fond de lui-même il est convaincu de n’avoir aucun rôle à jouer dans l’Algérie d’aujourd’hui, ni dans celle de demain.

Une réalité qu’il se refuse d’admettre, c’est pourquoi il continue d’opposer une farouche résistance contre tous les militants susceptibles d’incarner le profil adéquat pour prendre le relais d’interlocuteurs privilégiés du pouvoir dans la région. Sa première cible dans cette tentative de survie politique fut Amara Benyounes. Son ombre a hanté les longues nuits cauchemardesques du psychiatre. Puis vint le tour de Belaïd Abrika, sur qui «le dépositaire de la vertu» n’a pas hésité à reproduire 20 000 tracts diffamatoires en une seule nuit. Et, enfin, arriva le tour du militant de la première heure, j’ai nommé El-Hadi Ould Ali. C’est une question de survie, il fallait rebondir rapidement en exposant nos capacités de nuisance. Mais la mobilisation nous a fait défaut. Ainsi, lors d’une discussion entre l’actuel “président” du RCD, Saïd Sadi, et moi, nous nous sommes entendus à trouver le moyen de simuler une rencontre avec Ferhat Mehenni, le président du MAK, pour essayer de le manipuler et de le ramener à nous rejoindre dans une action commune. Suite à quoi, il charge, le 12 juin 2010, l’actuel épouvantail d’El-Biar, secrétaire national à l’époque, de prendre attache avec le président du MAK au Maroc, en marge du congrès du Mouvement populaire. L’objectif était de pouvoir organiser un meeting au stade Oukil-Ramdane. Il fait appel ainsi au mouvement qu’il a toujours qualifié de “Makak”. Au retour du messager, Sadi était aux anges de voir son rêve se réaliser. Croyant que s’exprimer dans un stade archicomble comme au bon vieux temps, le pouvoir s’inclinerait devant un Saïd Sadi incontournable. Je n’ai pas été associé à la mission de l’actuel président qui devrait contacter Bouaziz Aït Chebib, donc je n’ai pas d’éléments pour comprendre les raisons de l’échec de l’initiative.

Malgré toutes ses frasques et la multiplicité de ses échecs, je reconnais en lui cette capacité d’endurance qui lui donne des forces pour survivre à ses propres déboires. Mais le lecteur d’aujourd’hui n’est pas dupe. D’ailleurs, les réactions ayant suivi ma précédente contribution prouvent que le message est bien reçu. En réalité, je n’ai fait qu’alerter l’opinion publique de sa malveillante manœuvre qui consiste à instrumentaliser la loyauté de cette génération à des fins perverses. Il fallait faire sortir le loup du bois.

Pour ce qui est des membres fondateurs du RPK, à aucun moment je n’ai douté ni de leur sincérité, ni de leur engagement, ni de leur loyauté. Néanmoins, j’ai le droit, et même le devoir, de rester vigilant et d’épargner à mon pays une autre forfaiture car j’étais convaincu que la rencontre que Sadi avait initiée le 4 février 2016, en mettant comme paravent Ali Yahia Abdenour, était un prélude à la réunion qui a donné naissance au RPK, dont le porte-parole y était présent.

S’agissant du mouvement citoyen, nous n’avons aucune leçon à recevoir de celui qui a tenté de saper cette dynamique née au lendemain de l’assassinat de Massinissa Guermah. Je n’ai pas attendu ses directives pour prendre mes responsabilités dès le premier jour de la colère citoyenne. Le parti a fini par rejoindre les structures du mouvement après la marche du 14 juin 2001, et ce, suite au rapport que j’avais remis aux instances dans lequel j’avais interpellé la direction sur ses positions ambigües par apport à ce mouvement. D’ailleurs, je me suis toujours opposé aux velléités de déstabilisation dont le but était l’instrumentalisation et la manipulation des délégués militants et d’en faire une force de blocage à l’intérieur du mouvement. Suite à quoi, Sadi a ordonné à Madjid Zanoun, secrétaire national chargé de l’organique, de m’auditionner et de me traduire devant la commission des conflits. Je suis fier d’avoir réussi à freiner la nuisance et à la réduire au seul bureau régional de Tizi Ouzou qu’il a toujours contrôlé lui-même.

L’objet de ma contribution visait justement la disqualification de sa nuisance qui a été fatale par le passé au Mouvement culturel berbère (MCB) et au Mouvement citoyen plus tard.

Pour finir, je dirais que nous avons vu en lui l’homme de la conjoncture pour incarner l’alternative démocratique mais il s’est révélé être l’obstacle majeur du projet pour lequel les générations du «printemps berbère» et du «printemps noir» se sont sacrifiées. Rattrapé par ses échecs recommencés, conséquence de son égo surdimensionné, il est finalement réduit à sa juste valeur, celle d’un imposteur dont la chute ne finit pas d’engendrer des dégâts.

Cependant, l’espoir reste toujours permis et notre combat pour une Algérie réconciliée avec son histoire se poursuivra. L’officialisation de tamazight, qui n’est qu’un début, vient d’être consacrée constitutionnellement et les réformes de l’école, saluées en Kabylie par toute la famille de l’éducation (parents d’élèves et enseignants), sont les preuves irréfutables de la justesse du chemin que nous avons choisi.

En somme, ces idéaux n’ont finalement jamais été sa priorité. Il a fait de tamazight son cheval de bataille, sans jamais y avoir cru, en dehors d’un étrange slogan : “Fell-as tudert fell-as lmut”, qui n’est que la traduction littérale de la sinistre devise : “ɛalayha nahya wa ɛalayha namout” !»

Rabah Boucetta