Grave révélation de Rima Khalaf : le SG de l’ONU subit des menaces de la part d'Israël
19 Mar, 2017 | 10:19  |  29

L’Organisation des Nations unies (ONU) est vulnérable aux pressions extérieures. Elle n’agit pas en toute indépendance et objectivité et ne peut donc remplir sa mission convenablement. La Jordanienne Rima Khalaf, cheffe de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA – Economic Commission for Western Asia), le démontre en termes on ne peut plus explicites dans sa lettre de démission qu’elle a adressée au nouveau Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et dont Algeriepatriotique a pris connaissance. Il s’agit précisément du rapport publié mercredi par l’ESCWA et retiré de son site internet à peine quarante-huit heures après, sous la pression d’Israël et des Etats-Unis. La cause : le rapport établi par l’ESCWA sous la responsabilité de Rima Khalaf accuse l’entité sioniste de pratiquer un régime d’apartheid contre le peuple palestinien.

Pour Rima Khalaf, ce n’est pas un secret que l’ONU et son Secrétaire général ont subi des pressions et des menaces de la part des Etats qui ont du poids et de l'influence, après la publication du rapport de l'ESCWA concernant les pratiques israéliennes contre le peuple palestinien et la question de l'apartheid. Ces pressions politiques, écrit-elle dans son message, émanent des pays responsables de violations flagrantes des droits des peuples de la région arabe et des droits de l'Homme en général. Sur cette affaire, plusieurs médias ont rapporté qu’il a suffi que les ambassadeurs américain et israélien protestent et exigent le retrait du rapport pour que l’ONU s’exécute immédiatement et le fasse disparaître du site internet de l’ESCWA.

Le fait n’est pas sans précédent et il ne se limite pas au SG de l’ONU. Il y a trois ans, le Maroc avait fait pression sur Christopher Ross à propos du contenu du rapport du SG de l'ONU d'avril 2014 sur le Sahara Occidental. Le Maroc reprochait à l’Envoyé spécial du SG de l’ONU de faire référence à un «territoire non autonome», d’évoquer la question des atteintes aux droits de l’Homme du peuple sahraoui et celle de l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental. En août dernier (voir article AP du 7 août 2016), le personnel de la Minurso s’était plaint dans une lettre adressée au Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pour dénoncer et protester contre les pressions exercées sur ses membres par le Maroc. En juin 2016, c’est le SG Ban Ki-moon lui-même qui avait reconnu que l’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe ont fait pression pour exiger le retrait de la coalition arabe en guerre contre le Yémen de la liste noire des pays violant les droits des enfants.

On sait comment, en combinant menaces et pressions, les Etats-Unis et leurs alliés se sont servis de l’ONU pour couvrir leur guerre en Afghanistan (en octobre 2001) puis la deuxième guerre d’Irak (en février 2003) pour renverser Saddam Hussein et occuper militairement ce pays, ensuite l’opération militaire (mars 2011) contre la Libye qui a conduit à l’assassinat de Mouammar Kadhafi et au chaos qui y règne à ce jour avec son impact sur toute la région de l’Afrique du Nord et du Sahel. Dans le cas de la Syrie, seule la riposte énergique de la Russie a empêché une intervention militaire occidentale catastrophique sous couvert du Conseil de sécurité. La lettre de démission de la Jordanienne Rima Khalaf confirme ce que les observateurs savaient déjà sur l’ONU et sur sa vulnérabilité aux pressions.

Houari Achouri

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) est vulnérable aux pressions extérieures. Elle n’agit pas en toute indépendance et objectivité et ne peut donc remplir sa mission convenablement. La Jordanienne Rima Khalaf, cheffe de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA – Economic Commission for Western Asia), le démontre en termes on ne peut plus explicites dans sa lettre de démission qu’elle a adressée au nouveau Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et dont Algeriepatriotique a pris connaissance. Il s’agit précisément du rapport publié mercredi par l’ESCWA et retiré de son site internet à peine quarante-huit heures après, sous la pression d’Israël et des Etats-Unis. La cause : le rapport établi par l’ESCWA sous la responsabilité de Rima Khalaf accuse l’entité sioniste de pratiquer un régime d’apartheid contre le peuple palestinien.

Pour Rima Khalaf, ce n’est pas un secret que l’ONU et son Secrétaire général ont subi des pressions et des menaces de la part des Etats qui ont du poids et de l'influence, après la publication du rapport de l'ESCWA concernant les pratiques israéliennes contre le peuple palestinien et la question de l'apartheid. Ces pressions politiques, écrit-elle dans son message, émanent des pays responsables de violations flagrantes des droits des peuples de la région arabe et des droits de l'Homme en général. Sur cette affaire, plusieurs médias ont rapporté qu’il a suffi que les ambassadeurs américain et israélien protestent et exigent le retrait du rapport pour que l’ONU s’exécute immédiatement et le fasse disparaître du site internet de l’ESCWA.

Le fait n’est pas sans précédent et il ne se limite pas au SG de l’ONU. Il y a trois ans, le Maroc avait fait pression sur Christopher Ross à propos du contenu du rapport du SG de l'ONU d'avril 2014 sur le Sahara Occidental. Le Maroc reprochait à l’Envoyé spécial du SG de l’ONU de faire référence à un «territoire non autonome», d’évoquer la question des atteintes aux droits de l’Homme du peuple sahraoui et celle de l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental. En août dernier (voir article AP du 7 août 2016), le personnel de la Minurso s’était plaint dans une lettre adressée au Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pour dénoncer et protester contre les pressions exercées sur ses membres par le Maroc. En juin 2016, c’est le SG Ban Ki-moon lui-même qui avait reconnu que l’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe ont fait pression pour exiger le retrait de la coalition arabe en guerre contre le Yémen de la liste noire des pays violant les droits des enfants.

On sait comment, en combinant menaces et pressions, les Etats-Unis et leurs alliés se sont servis de l’ONU pour couvrir leur guerre en Afghanistan (en octobre 2001) puis la deuxième guerre d’Irak (en février 2003) pour renverser Saddam Hussein et occuper militairement ce pays, ensuite l’opération militaire (mars 2011) contre la Libye qui a conduit à l’assassinat de Mouammar Kadhafi et au chaos qui y règne à ce jour avec son impact sur toute la région de l’Afrique du Nord et du Sahel. Dans le cas de la Syrie, seule la riposte énergique de la Russie a empêché une intervention militaire occidentale catastrophique sous couvert du Conseil de sécurité. La lettre de démission de la Jordanienne Rima Khalaf confirme ce que les observateurs savaient déjà sur l’ONU et sur sa vulnérabilité aux pressions.

Houari Achouri

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