Le dit serviteur des Lieux-Saints de l'islam a assassiné 1 500 enfants au Yémen

14 Mar, 2017 | 15:27  |  28
Une fille yéménite blessée lors d'un raid de la coalition conduite par Riyad. D. R.

Une fille yéménite blessée lors d'un raid de la coalition conduite par Riyad. D. R.

L’Arabie Saoudite et ses sous-traitants arabes sont en train de procéder à une véritable purification ethnique au Yémen. L’ONU en apporte d’ailleurs la preuve. Bon nombre des agences des Nations unies ont encore une fois tiré la sonnette d’alarme cette semaine sur la situation désastreuse que vivent les civils houthis, indiquant que près de 10 000 personnes sont mortes depuis l'agression, il y a deux ans, de la coalition militaire sous commandement saoudien dans le conflit au Yémen.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) alerte particulièrement sur le fait qu’entre mars 2015 et le 10 mars dernier, au moins 1 546 enfants ont été tués et 2 450 autres ont été mutilés. Parmi eux figurent 1 022 garçons, 478 filles et 46 autres enfants «de sexe inconnu», ajoute l'Unicef dans un communiqué rendu public lundi. Durant la même période, 1 801 garçons et 649 filles ont été mutilés par la guerre, toujours selon l'Unicef, qui fait état, en outre, de 1 572 garçons utilisés comme enfants soldats. L'Unicef a, d'autre part, recensé 212 attaques contre des écoles et 95 contre des hôpitaux durant la même période.

Ce bilan macabre accrédite l’idée, soutenue par de nombreuses ONG de défense des droits de l’Homme, que l’Arabie Saoudite et ses alliés arabes sont responsables de crimes de guerre. Les accusations sont tellement graves et insistantes que l’ONU a dû ouvrir en janvier dernier une enquête. Menée sur dix frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par l’Arabie Saoudite, l’enquête en question a conclu que la plupart d’entre elles ne visaient pas des cibles militaires légitimes et pourraient être qualifiées de crimes de guerre, selon un rapport transmis au Conseil de sécurité. Les dix bombardements examinés ont eu lieu entre mars et octobre 2016, et ont causé la mort d’au moins 292 civils dont au moins 100 femmes et enfants.

«Dans huit des dix enquêtes, le groupe n’a trouvé aucune preuve que les frappes aériennes avaient ciblé des objectifs militaires légitimes», affirme le rapport de l’ONU. Pour la totalité des dix enquêtes, le groupe considère qu’il est presque certain que la coalition n’a pas respecté les requis de la législation humanitaire internationale en matière de proportionnalité et de précautions», soutient-on. Et d’ajouter que «le groupe considère que certaines attaques pourraient constituer des crimes de guerre».

La campagne aérienne de la coalition a débuté en mars 2015 en soutien au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, pour repousser les rebelles après leur prise de la capitale Sanaa et d’autres régions du pays. Pour les experts, les violations «sont suffisamment étendues pour démontrer soit un processus de ciblage inefficace soit une politique plus large de destruction des infrastructures civiles».

Environ 10 000 civils ont été tués depuis l’entrée en action de cette coalition, selon l’ONU. Le groupe d’experts a prévenu que ceux soutenant la coalition pourraient également faire l’objet de sanctions onusiennes. Cette coalition est composée également du Bahreïn, du Koweït, du Qatar, des Emirats arabes unis, avec l’assistance de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc et du Soudan. Les Etats-Unis apportent un soutien logistique et en matière de renseignements. Selon le rapport, des officiers du Royaume-Uni, de France et de Malaisie travaillent également au quartier général de la coalition à Riyad.

L’Arabie Saoudite a rejeté les accusations selon lesquelles elle visait intentionnellement des civils au Yémen et a rétorqué que l’Iran armait les Houthis pour étendre son influence dans la région. Ce que Téhéran dément. Les experts onusiens ont indiqué qu’ils «n’avaient pas relevé assez d’éléments pour confirmer un ravitaillement direct et à grande échelle d’armes» par l’Iran aux Houthis, mais qu’il y avait des «indications» selon lesquelles des armes antichar de fabrication iranienne avaient été fournies aux rebelles.

Khider Cherif