Chevènement : «Tenir compte des avis de l’Algérie pour que Daech ne fasse pas son nid en Libye»

Source Algériepatriotique
Jean-Pierre Chevènement, président de l’Association France-Algérie. Anis/New Press
Jean-Pierre Chevènement, président de l’Association France-Algérie. Anis/New Press

Jean-Pierre Chevènement appelle la communauté internationale à écouter l’Algérie sur le dossier libyen. Interrogé par la chaîne de télévision d’expression berbère, BRTV, cet ancien ministre de l’Intérieur français et actuellement président de l’Association France- Algérie, affirme que l’Algérie, comme pays frontalier, connaît bien ce qu’il se passe en Libye. Il dit être donc convaincu que rien ne peut, ni ne doit, se faire sans l’Algérie. «Je pense que les pays qui sont, bien évidemment, intéressés que Daech ne puisse pas faire son nid en Libye doivent tenir compte aussi des avis de l’Algérie qui sont précieux», a-t-il soutenu en expliquant que «l’Algérie est un pays frontalier de la Libye qui connaît bien ce pays et qui a des relations anciennes avec la Libye». C’est donc pour lui «un pays qui peut apporter quelque chose pour une solution que tout le monde souhaite pacifique». «Il ne faut pas que le chaos se généralise dans ce pays», a-t-il prévenu. Jean-Pierre Chevènement est ainsi opposé à l’option militaire prônée par certains pays occidentaux, dont la France. Pour lui, «il faut, au contraire, qu’un gouvernement d’union nationale permette la restauration de la paix civile et puis la construction d’un Etat». Questionné sur le dossier du Sahara Occidental, Jean-Pierre Chevènement juge «regrettable» le conflit entre l’Algérie et le Maroc. «Je vois le coût du non-Maghreb. Je dirai que ce coût est considérable tant pour l’Algérie que pour le Maroc. Je pense que s’il y avait un grand Maghreb, ce serait un espace très attractif pour les investissements. Ce serait un plus pour l’Algérie comme pour le Maroc. Maintenant, la France ne peut que jouer le rôle de médiation, et rien de plus», a-t-il estimé, plaidant ainsi pour une bonne entente entre ces deux pays voisins. Répondant à une question sur les relations franco-algériennes, Jean-Pierre Chevènement les qualifie de «très bonnes». Pour lui, des relations entre nos deux gouvernements sont au top. Il ajoute qu’«au niveau des peuples aussi, il y a beaucoup d’affinités et une connaissance mutuelle». Pour lui, la France et l’Algérie ne peuvent être différentes l’une de l’autre. «Je pense que ce qui est préoccupant, et c’est un problème que nous devons résoudre en commun, c’est le contexte géopolitique qui est marqué par le développement d’un terrorisme djihadiste que l’Algérie connaît bien, qu’elle a subi et dont elle a souffert. Un phénomène qui est pour la France aussi un sujet de préoccupation». Le président de l’Association France-Algérie a, par ailleurs, applaudi la participation annoncée de François Hollande aux commémorations du 19 Mars en France. «Le 19 Mars est une date importante qui a marqué la fin de la guerre d’Algérie et il était bien que le président de la République François Hollande s’associe à cette manifestation», a-t-il répondu. S’agissant des accords de 68 relatifs au libre échange et la circulation des personnes, et l’avenant de 2001, Jean-Pierre Chevènement estime que «les choses ne se passent pas trop mal». «Il ne faut pas piétiner sur les prérogatives de Monsieur Cazeneuve. C’est lui le ministre, ce n’est plus moi. Je n’ai donc rien à dire sur ce sujet.» Une façon pour lui d’éviter ce sujet qui fâche.
Sonia Baker