Les égorgeurs intellectuels

Par Kamel Moulfi – 
Quel cynisme ! Un «guide» élaboré par des agences spécialisées pour le compte de Daech. Il faut bien écarquiller les yeux en parcourant le texte pour se rendre compte qu’il s’agit bien d’un document de propagande visant à promouvoir l’«image de ce mouvement terroriste. Une propagande servie par des techniques du marketing qui permettent de rivaliser, illustrations en couleurs à l’appui, avec les plus beaux dépliants touristiques qui vantent les destinations de rêve. Et une bonne maîtrise de la langue de Molière ! Il ne manque plus aux promoteurs de cette campagne publicitaire Daech, qu’à en mettre des exemplaires dans les avions qui desservent les pays musulmans, à côté des revues de luxe pour donner de la lecture aux voyageurs. La forme contraste fortement avec le contenu qui, lui, est un appel au retour en arrière et une incitation à la destruction de nos Etats nationaux. La preuve de la supercherie est là. La manœuvre est grossière, mais ceux qui tirent les ficelles, côté occidental, misent sur la crédulité renforcée par le fanatisme d’une certaine frange de l’opinion publique, en France d’abord et dans les pays musulmans francophones, pour séduire et préparer à l’embrigadement les jeunes les plus vulnérables, pour les envoyer ensuite à la boucherie, comme présentateurs du spectacle médiatique des horribles exécutions ou comme candidats aux attentats suicides meurtriers contre des gens paisibles et innocents. Ce «support médiatique» de haute facture confirme en tout cas que des officines occidentales se cachent derrière ce mouvement de mercenaires barbares des temps modernes. Car c’est incroyable, mais vrai, Daech a été créé par la CIA. Les témoignages et les investigations de gens sérieux le démontrent et les faits le prouvent chaque jour encore plus. Ce mouvement terroriste qui avait commencé à agir en Syrie avant de s’étendre en Irak, où il occupe une partie du territoire, a été, à son début, fourni en armes et en munitions par l’armée américaine. Le discours officiel américain n’est pas à un mensonge près.